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Si le défi c’est le fait de refuser de se soumettre, alors je dirais, que la vie est un défi à relever.  Et si en plus vous décidez de devenir boxeur, j’ajouterais que vous vous êtes compliqué la tâche.

Je peux en parler, 20 ans après avoir signé ma première licence de boxe professionnelle, quelques neurones sacrifiés, des voyages, des émotions, des joies, des peines et des blessures plus ou moins graves, mon bilan est plutôt positif. J’ai grandi avec les valeurs du noble art, j’ai découvert comment repousser mes limites physiques et atteindre mes objectifs.

Peu de sports exigent autant de facultés physiques et mentales, on joue au football, au rugby ou à la pelote, en boxe, on ne joue pas, on combat.

L’entrainement au quotidien d’un boxeur est une science, il lui faut trouver le parfait dosage. Une intensité modérée pour ne pas se blesser, et des contenus techniques riches et variés pour progresser.

A l’approche du combat, les séances, se spécifient, on y intègre des tests matchs qui permettent de se conditionner autant physiquement que mentalement.

Une équation difficile à résoudre pour un boxeur qui ne dispose pas de planning de combat.

C’était mon cas, je n’étais ni en contrat avec un promoteur influent, et non plus salarié d’une municipalité qui aurait pu organiser des combats pour promouvoir le dynamisme de la ville.

Ce qui signifie que les 2 ou 3 combats par an que l’on me proposait étaient fortuits.

On pouvait m’appeler le mercredi pour combattre en 10 rounds contre un Boxeur mondialement classé le samedi, autant dire que l’on ne m’invitait que pour créditer une victoire à son palmarès.

Mais ça, c’est, sans compter sur mes motivations, je suis un sportif invétéré, qui n’a nullement besoin de planifier une échéance pour se préparer au combat toute l’année.

Je comprends que pour capitaliser de l’expérience, je devais voyager.

Aux états Unis, je me rends compte de l’importance que les Américains accordent à la préparation nutritionnelle, à Cuba, je découvre l’art du déplacement, A Mexico, celui du placement.  En Russie, le style des boxeurs est académique mais leur détermination patriotique les rend compliqués à boxer. En Italie, l’accrochage est une technique intelligemment exploitée.

 Le style des boxeurs espagnols est un héritage colonial, la technique est médiévale, ils visent les bras avec leur Jab comme bélier, attendent qu’ils cèdent, et descendent comme un pont levis avant de vous assiéger.

 Mes voyages en Thaïlande me permettent de tester mes progrès, tout en me conditionnant à la peur, je répète mes gammes en boxant dans des bars clandestins.

J’avais amélioré autant mes capacités physiques que cognitives, je deviens compétitif, prêt à en découdre avec tous les défis qui se présenteront à moi. (6 fois champion de France et 2 fois champion du monde, vice champion d’Europe)

Aujourd’hui à 40 ans, je crois réellement en l’idéale ascétique, on devient ce que l’on est.

Pour se guérir, il faut se connaître, façonner mon esprit en défiant mes limites physiques est mon remède. Je cultive l’idée d’être plus fort en offrant à ma pensée, un corps solide prés au combat.

C’est grâce à cette pensée philosophique que mes idées deviennent réalité.

Ma dialectique donne vie à 2 tapis de gymnastique autant physique que cognitif.

Ils ne sont pas rouges, mais je te les déroule pour accueillir fièrement ton corps et ton esprit.

Brice Faradji